Dans Horizon Europe et plus particulièrement le Pilier 2 (« Problématiques mondiales et compétitivité industrielle européenne »), la réussite d’une candidature tient à l’excellence scientifique mais la solidité du consortium vient la renforcer en rendant la mise en œuvre et l’impact crédibles. Un bon consortium rassure, inspire confiance et donne à voir un chemin clair entre la recherche, la démonstration et la mise en œuvre. Il doit s’appuyer sur une lecture rigoureuse du texte de l’appel, traduire les exigences de pertinence et de compétitivité et raconter une histoire crédible où chaque partenaire joue un rôle indispensable et complémentaire.
Dans cet article, vous retrouverez à la fin de chaque section les conseils d’Euronovia vous permettant de rédiger une bonne section 3.2 ‘Capacity of participants and consortium as a whole’ !
Assurer l’alignement de ses partenaires avec l’appel
La première qualité d’un consortium gagnant est l’alignement avec l’appel à projets. Tout commence par le décryptage de la « Destination », du « Scope » et des « Expected Outcomes », puis par la traduction de ces exigences en besoins concrets de compétences. En tant que coordinateur on ne choisit pas exclusivement des partenaires pour leur renommée, mais pour les fonctions qu’ils rempliront réellement. Les partenaires sont choisis pour couvrir l’ensemble des briques nécessaires : recherche et innovation, intégration technologique, accès aux données, sites d’essai (ou pilotes), normalisation, exploitation, adoption par les politiques publiques, sciences humaines et sociales, éthique, gestion des données, communication et dissemination.
💡Les tips d’Euronovia : Lisez bien l’appel, parfois des conditions spécifiques sont listées. Il sera donc obligatoire d’en tenir compte et de former votre consortium en fonction. Faites attention à la cohérence, des partenaires ne doivent pas seulement être intégrés pour répondre aux exigences de l’appel, mais doivent avoir un vrai rôle et une fonction dans le consortium.
Penser la complémentarité avant la quantité
La complémentarité constitue la seconde pierre angulaire. Un consortium efficace n’est ni minimaliste ni pléthorique ; il regroupe suffisamment d’acteurs pour couvrir la chaîne de valeur sans multiplier les doublons. Universités et centres de recherche, PME innovantes, industriels, autorités publiques et ONG forment un ensemble cohérent. Chacun apporte une expertise distinctive et assume un rôle qui fait progresser les autres. Les responsabilités sont clairement définies. Cette articulation fine, où l’on évite à la fois les « trous dans la raquette » et les redondances donne aux évaluateurs la preuve d’un collectif capable de transformer les résultats en impacts concrets.
💡Les tips d’Euronovia : Lors de la rédaction de la section 3.2, nous vous recommandons d’insérer une matrice des compétences mettant en avant la complémentarité du consortium. Grâce à un simple tableau, les évaluateurs pourront en un coup d’œil avoir une vue d’ensemble de la qualité du consortium.
Chercher la diversité de pays
Troisièmement, un bon consortium est européen. Il démontre une vraie valeur ajoutée transfrontalière : des partenaires issus de plusieurs États membres et pays associés qui, ensemble, couvrent des contextes réglementaires variés, des marchés complémentaires et des écosystèmes d’innovation interconnectés. Être « européen » ne consiste pas à aligner des drapeaux, mais à concevoir des cas d’usage et des démonstrateurs multi-sites, à viser l’interopérabilité et la standardisation, et à relier recherche, industrie et autorités publiques pour un déploiement réplicable dans toute l’UE, voire au-delà. Attention à la répartition géographique, il est important de représenter toute l’Europe, d’éviter de se focaliser uniquement sur des pays du Nord par exemple, mais d’inclure une diversité de pays et si possible, des pays « Widenings ».
💡Les tips d’Euronovia : Nous vous recommandons d’insérer une carte afin d’aider les évaluateurs à visualiser l’ancrage géographique de votre consortium.
La gouvernance d’un projet européen, une notion révélatrice de la bonne qualité de celui-ci
La gouvernance vient soutenir l’ensemble en donnant un cadre clair sans alourdir le projet. Elle reste simple pour favoriser la réactivité, robuste pour sécuriser les décisions clés, et proportionnée à la taille aux risques potentiels du projet. On y trouve des rôles bien identifiés, un processus de décision lisible, une stratégie de gestion des risques établie et une transparence qui renforce la confiance entre partenaires. On évite les partenaires « pour l’affichage » en donnant à chacun des responsabilités, et l’on veille à ce que l’effort de coordination ne soit ni sous-estimé ni dispersé.
💡Les tips d’Euronovia : Nous encourageons toujours les consortiums à mettre en avant l’équilibre des genres, valorisez l’équité au sein de la gouvernance d’un projet européen sera un plus évident pour les évaluateurs !
En somme, un bon consortium n’est pas le plus grand ni le plus prestigieux : c’est celui qui propose une trajectoire claire entre excellence scientifique, crédibilité opérationnelle et impact réel. Il réunit des partenaires complémentaires, une gouvernance souple mais structurée et des activités ancrées dans le réel. C’est cette promesse d’utilité, rendue tangible, qui transforme une idée solide en proposition lauréate.